lundi 18 janvier 2010

Le spectre de Pinochet

Rebaptisé Los Hijos De Pinochet

Ça fait drôle. Un sentiment bizarre, mélange de colère et de résignation. On en veut presque à cette foutue "démocratie" et l'on se sent trahi, une fois de plus.

Les médias chiliens soulignent tous d'une voix unanime le caractère historique de la victoire de Sebastian Pinera, digne représentant de l'élite économique, à l'élection présidentielle chilienne. C'est en effet la première fois depuis 52 ans que la droite arrive au pouvoir par un processus électoral.

Mais quand elle n'avait pas le soutien des urnes, la droite néolibérale avait su trouver de celui de l'armée, en s'assurant au passage de faire perdurer son hégémonie, c’est-à-dire en liquidant de sang froid toute une génération de dirigeants, de syndicalistes et de jeunes aux idées dangereusement progressistes.

À la tête du coup d'état de septembre 1973 s'impose un homme, Augusto Pinochet, commandant en chef des armées qui s'auto-proclame président de la république. La dictature, sanglante, marque sous l'influence des États-Unis la première "expérimentation" du modèle néolibéral américain dans un pays d'Amérique du Sud. La dictature militaire va durer 17 ans, laissant le temps à Pinochet de devenir un intime de Thatcher et de Reagan.

Officiellement, la dictature prend fin en 1990, Pinochet rend le pouvoir et organise les premières élections présidentielles depuis 1970. On ne peut pourtant pas vraiment parler de réelle transition démocratique, puisque Pinochet reste commandant en chef des armées, et un personnage influent (et craint) de la vie politique chilienne, qui ne sera jamais inquiété par la justice jusqu’à sa mort en 2006.

Nombre de cadres de la dictature restent en place (dans l'administration, dans l'armée) et l'on sait maintenant un peu mieux dans quelles conditions le pouvoir a été rendu:

" Dans son livre Chili, une démocratie sous tutelle, Portales révèle le « pacte secret de la transition », par lequel les dirigeants de la concertation s’étaient engagés – à la fin du gouvernement militaire – à ne pas altérer l’ordre politique et économique consacré par la constitution de 1980. " De plus, le pacte secret a une conséquence pratique, il impose une « politique des consensus », rendant dépendantes la gauche et la droite dans un système qui rend presque impossible tout changement législatif, et ou la gauche ne peut à elle seule mettre en place quelconque politique significative.

La concertacion, coalition de centre-gauche, prend donc le pouvoir en 1990, mais un pouvoir vidé de sa substance, avec une coalition timide, sans portée politique, puisqu’elle s’engage à ne toucher aucune des fondations laissées par la dictature. Elle est donc, à dessein, programmée à décevoir, à échouer dans son programme de réforme. Les changements sociaux attendront, et le peuple ne verra toujours pas cette gauche pour laquelle il a voté en 1973. Le modèle néolibéral, mais aussi la constitution et les lois répressives restent inchangés.

Le reste est alors l’histoire d’un pays dangereusement schizophrénique qui cherche à tout prix à tourner la page, à se convaincre les choses ont changés, mais qui est incapable d’assumer la moindre remise en cause de l’héritage de Pinochet. Très peu de responsables de la dictature sont réellement inquiétés. La mémoire collective vire à l’amnésie, et lorsque le nouveau pouvoir en place s’intéresse d’un peu trop près aux scandales de la dictature (le cas des Pinochèques en 1993), l’armée descend dans la rue, créant une onde de terreur et réveillant en chacun les souvenirs les plus noirs de la dictature militaire, qui n’avait jamais paru aussi proche. (le fameux Boinazo)



20 ans de gouvernement de centre-gauche plus tard, le constat est amer.
“ La concertacion est une coalition qui ne cherche pas de changements significatifs dans la société, et qui se contente d’administrer, peut-être avec un peu plus de dépenses sociales, le même modèle qu’a laissé la dictature. Cela devient de plus en plus évident, surtout pour les jeunes qui ne se sont pas inscrits pour aller voter, parce qu’ils se rendent compte que ce système ne permet aucun réel changement dans la société chilienne”.

Face à une gauche divisée, démobilisée, la droite revient donc au pouvoir. Mais l’avait-elle vraiment quitté depuis 1973 ? Impossible de ne pas voir dans la défaite de la concertacion l’échec flagrant de la transition démocratique de 1990.

Dur aussi de ne pas apercevoir derrière ce nouveau fracaso de la gauche chilienne le spectre de Pinochet -pourtant bien mort et enterré- mais dont l'encombrant héritage politique ne cesse d'influencer le Chili de ces 20 dernières années.

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Vidéo ajoutée le 30 Janvier

samedi 16 janvier 2010

The Mapuche Surrealist !

Aurélien, alias "Jaime Humberto Newen", est un personnage indescriptible, il ne rentre dans aucune case (au sens propre comme au sens figuré).
Aurélien ne recule devant aucun préjugé, et manie mieux que quiconque l'art des comparaisons hasardeuses. Il a une logique toute particulière, une manière bien à lui de passer au mixeur les influences les plus variées (et souvent les plus antagonistes), et un talent reconnu pour la caricature grossière et l'humour approximatif.
Autant le dire, Aurélien le "Mapuche français" est un personnage controversé qui ne laisse personne indifférent (en général, ça oscille entre exaspération, lassitude et incompréhension).

Sinon, Aurélien fait aussi des vidéos, voici donc 2 de ses réalisations ou, pour citer Aurélien en personne, de ses travaux artistiques.

Coca Loca, Super 8, 2009



Un vendredi 23 octobre 2009, Super 8


Il réalise aussi beaucoup de travaux graphiques, et a même fait un blog pour présenter tout ça.
http://themapuchesurrealisme.blogspot.com/

dimanche 10 janvier 2010

Guachos Con Hambre / Desde Paris.

On a profité de la présence de Roberto à Paris, de la première projection de Seguir Luchando Para Seguir Existiendo dans un festival de cinéma à Valparaiso, et de l'actualité sociale bouillonnante au Chili pour réaliser un numéro un peu spécial de Guachos Con Hambre. A la base, Guachos Con Hambre, c'est une émission de radio que réalise Roberto depuis Temuco avec son Taller Cicatriz.

samedi 9 janvier 2010

Le documentaire social

« Le documentaire social se distingue du documentaire tout court et des actualités de la semaine par le point de vue qu'y défend nettement son auteur. Ce documentaire social exige que l'on prenne position car il met les points sur les i. S'il n'engage pas un artiste, il engage au moins un homme. Ceci vaut bien cela. Et le but sera atteint si l'on parvient à révéler la raison cachée d'un geste, à extraire d'une personne banale et de hasard sa beauté intérieure ou sa caricature, si l'on parvient à révéler l'esprit d'une collectivité d'aprés une de ses manifestations purement physiques. Et cela, avec une force telle que, désormais, le monde qu'autrefois nous côtoyions avec indifférence, s'offre à nous malgré lui au-delà de ses apparences. Ce documentaire social devra nous dessiller les yeux. »

Jean Vigo (1905-1934)

vendredi 1 janvier 2010

Morceau Choisi

" Si je parle du point de vue générationnel, je suis obligé de convenir de l'irréfutable constat : notre génération (en Europe occidentale et, d'un point de vue révolutionnaire, entre 1965 et aujourd'hui) a été la pire ou la moins douée depuis deux cents ans.
D'abord et contrairement à nos prédécesseurs, nous avons été incapable de faire la moindre révolution conséquente même vouée à un échec comme la Commune ou la révolution européenne des années 20 et les grands mouvements populaires des années 30, 40 et 50. Pire, puisqu'à aucun moment, notre génération n'a su projeter un modèle de lutte capable de s'opposer à l'avancée du capitalisme. Ce qui en autre, nous coûte un autre constat : nous laisserons un monde plus réactionnaire, plus dur, plus précaire de celui dont nous avons hérité. (...)
Nous n'avons gagné aucune grande bataille. Nous n'avons pas été à l'égal des vieux du début du siècle créant les assos ouvrières ou de leurs enfants " antifascistes " nous offrant au moins le Welfare State et participant aux libérations anti-coloniales. Et que dire des générations plus anciennes ! Nous n'avons pas été à la hauteur des vieux d'avant inventant les barricades et le socialisme utopique. (...)
Oui nous (ceux qui à un moment donné ont pris les armes) avons été défaits certes ! Mais en combattant. Le pire c'est qu'une grande partie de notre génération ne s'est même pas battue ou a fait semblant... du bout des lèvres.
Pour l'instant très dépolitisée, dépourvue (par notre faute) d'une véritable idéologie-utopie de libération, la génération qui se lève, ne parvient pas à saisir là où nous avons failli. Elle nous regarde avec surprise et condescendance. "

Jean-Marc Rouillan,
20/06/2006,
membre fondateur d'Action Directe,
Toujours emprisonné.

In Ni Vieux, Ni traîtres de Pierre Carles.

Arme de diffusion massive

L'année qui démarre, et dans son sillage les bonnes résolutions, comme celle de réactiver le blog.

On va commencer l'année en image avec un blog qui propose une quantité de documentaires visionnables gratuitement en streaming, ca va du bien au très très bon, en passant par Chomsky, Action Directe, Jimmy Hendrix, L'an 0, la décroissance, la commune de Paris, etc ..
Blog à fouiller et à faire tourner !

http://documen-liber-terre.blogspot.com/

Bon visionnage !

samedi 15 août 2009

Morceau Choisi

" L'ambition de quelques individus d'abord, de quelques classes sociales ensuite, érigea en principe vital l'esclavage et la conquête, et enracina, plus que tout autre, cette terrible idée de la divinité. Dès lors, toute société fut impossible sans, comme base, ces deux institutions : l'Église et l'État. Ces deux fléaux sociaux sont défendus par tous les doctrinaires.
A peine ces institutions apparurent dans le monde que tout à coup deux castes s'organisèrent : celle des prêtres et celle des aristocrates, qui, sans perdre de temps, eurent le soin d'inculquer profondément au peuple asservi l'indispensabilité, l'utilité et la sainteté de l'Église et de l'État.
Tout cela avait pour but de changer l'esclavage brutal en un esclavage légal, prévu, consacré par la volonté de l'État suprême. (...)
Mais si les prêtres, les augures, les aristocrates et les bourgeois, des vieux et nouveaux temps, purent croire sincèrement, ils restèrent quand même sycophantes. On ne peut, en effet, admettre qu'ils aient cru à chacune des absurdités qui constituent la foi et la politique. (...)
Même au temps de l'ignorance et de la superstition générales, il est difficile de supposer que les inventeurs de miracles quotidiens aient été convaincus de la réalité de ces miracles. On peut dire la même chose de la politique, qu'on peut résumer dans la règle suivante : " Il faut subjuguer et spolier le peuple de telle façon qu'il ne se plaigne pas trop haut de son destin, qu'il n'oublie pas de se soumettre et n'ait pas le temps de penser à la résistance et à la révolte. "
Comment donc, après cela, s'imaginer que des gens qui ont changé la politique en un métier et connaissent son but, c'est à dire l'injustice, la violence, le mensonge, l'assassinat , en masse et isolé, puissent croire sincèrement à l'art politique et à la sagesse de l'État générateur de la félicité sociale ? Ils ne peuvent pas être arrivés à ce degré de sottise malgré toute leur cruauté. L'Église et l'État ont été de tous temps de grandes écoles de vices. L'histoire est là pour attester de leurs crimes : partout et toujours le prêtre et l'homme d'État ont été les ennemis et les bourreaux conscients, systématiques, implacables et sanguinaires des peuples. "

In Michel Bakounine, L'Église et l'État

mardi 11 août 2009

L'histoire nous appartient, c'est le peuple qui la fait.

Dernier discours prononcé à la radio par Salvador Allende, président du Chili, alors que l'aviation bombarde le palais présidentiel.

Santiago du Chili, mardi 11 septembre 1973, 9h50 am.



C'est certainement la dernière opportunité que j'ai de vous parler. Les forces armées aériennes ont bombardé les antennes de radio. Mes paroles ne sont pas amères mais déçues. Elles sont la punition morale pour ceux qui ont trahi le serment qu'ils firent. Soldat du Chili, Commandant en chef, associé de l'Amiral Merino, et du général Mendosa, qui hier avait manifesté sa solidarité et sa loyauté au gouvernement, et aujourd'hui s'est nommé Commandant Général des armées. Face à ces évènements, je peux dire aux travailleurs que je ne renoncerai pas. Dans cette étape historique, je paierai par ma vie ma loyauté au peuple. Je vous dis que j'ai la certitude que la graine que l'on à confié au peuple chilien ne pourra pas être détruit définitivement. Ils ont la force, ils pourront nous asservir mais n'éviteront pas les procès sociaux, ni avec le crime, ni avec la force. L'Histoire est à nous, c'est le peuple qui la fait.

Travailleurs de ma patrie, je veux vous remercier pour la loyauté dont vous avez toujours fait preuve, de la confiance que vous avez reposé sur un homme qui a été le seul interprète du grand désir de justice, qui jure avoir pu respecté la constitution et la loi. En ce moment crucial, la dernière chose que je voudrais vous adresser est que j'espère que la leçon sera retenue.

Le capital étranger, l'impérialisme, ont créé le climat qui a cassé les traditions : celles que montrent Scheider et qu'aurait réaffirmé le commandant Araya. C'est de chez lui, avec l'aide étrangère, que celui-ci espérera reconquérir le pouvoir afin de continuer à défendre ses propriétés et ses privilèges. Je voudrais m'adresser à la femme simple de notre terre, à la paysanne qui a cru en nous ; à l'ouvrière qui a travaillé dur et à la mère qui a toujours bien soigné ses enfants. Je m'adresse aux personnels de l'état, à ceux qui depuis des jours travaillent contre le coup d'état, contre ceux qui ne défendent que les avantages d'une société capitaliste. Je m'adresse à la jeunesse, à ceux qui ont chanté et ont transmis leur gaieté et leur esprit de lutte. Je m'adresse aux chiliens, ouvriers, paysans, intellectuels, à tous ceux qui seront persécutés parce que dans notre pays le fascisme est présent déjà depuis un moment. Les attentats terroristes faisant sauter des ponts, coupant les voies ferrées, détruisant les oléoducs et gazoducs ; face au silence de ceux qui avaient l'obligation d'intervenir, l'Histoire les jugera.

Ils vont sûrement faire taire radio Magallanes et vous ne pourrez plus entendre le son métallique de ma voix tranquille. Peu importe, vous continuerez à m'écouter, je serai toujours près de vous, vous aurez au moins le souvenir d'un homme digne qui fut loyal avec la patrie. Le peuple doit se défendre et non pas se sacrifier, il ne doit pas se laisser exterminer et se laisser humilier.

Travailleurs : j'ai confiance au Chili et à son destin. D'autres hommes espèrent plutôt le moment gris et amer où la trahison s'imposerait. Allez de l'avant sachant que bientôt s'ouvriront de grandes avenues où passera l'homme libre pour construire une société meilleure.
Vive le Chili, vive le peuple, vive les travailleurs ! Ce sont mes dernières paroles, j'ai la certitude que mon sacrifice ne sera pas vain et qu'au moins ce sera une punition morale pour la lâcheté et la trahison.


Pour aller un peu plus loin, un documentaire, Salvador Allende, réalisé en 2004 par Patricio Guzman. (espagnol non sous titré ..)

Pas vu, pas pris

Documentaire réalisé par Pierre Carles en 1998 sur les rapports entre les médias et le pouvoir. Initialement commandé, pour être ensuite refusé et censuré par Canal +.




mardi 4 août 2009

Le modèle de contre-insurrection français

Durant les guerres coloniales d'Indochine, du Maroc et de l'Algérie, alors qu'elle combattait des guérillas anticolonialistes, l'armée française a expérimentée une nouvelle technologie de guerre dans la population, une technologie révolutionnaire dans l'histoire de la domination des êtres humains. Ce système de pratiques relevant de la terreur d'Etat a été codifié à travers ce que l'on appelle la " doctrine de la guerre révolutionnaire " (DGR), la guerre anti-subversive ou encore la contre-insurrection. A travers l'idée que l'armée serait le spécialiste et le seul recours en cas d'insurrection généralisée, qu'elle serait le " chirurgien attitré du corps national lorsqu'il est attaqué par le virus révolutionnaire ", la doctrine contre-subversive française associe sept idées :

1. les populations colonisées sont des milieux de prolifération de la subversion révolutionnaire.
2. Le renseignement doit permettre de faire apparaître les hiérarchies parallèles adverses, à tenir, détruire ou remplacer.
3. La terreur permet à l'adversaire de tenir la population, il faut se réapproprier ces principes.
4. Désigner la subversion intérieure permet d'amener la population à soutenir la répression et à y participer.
5. L'action psychologique permet de contrôler les représentations de la population et la guerre psychologique de tromper l'adversaire. L'armée doit être le chirurgien de la société gangrénée.
6. Le quadrillage militaro-policier de l'espace urbain constitue un acte chirurgical radical pour purger les subversifs et immuniser la population colonnisée.
7. La raison d'Etat justifie l'état d'exception et la militarisation du contrôle.

La DGR systématise et rationalise l'emploi d'une série de dispositifs de contrôle, surveillance et répression, dont les traductions concrètes les plus problématiques ne sont toutefois jamais énoncées explicitement dans les textes officiels, même si les historiens en ont depuis retrouvés les traces dans nombre de témoignages et certains documents officiels :

- mise en place d'un système d'exception juridique ;
- quadrillage et recensement : surveillance et contrôle physique et statistique des identités et relations sociales de la population ;
- déplacement et internement : déportations et camps de concentration (mais aussi torture massive et disparitions forcées) ;
- renseignement : mises sur écoutes, infiltrations, retournements de délateurs (et torture) ;
- action psychologique et propagande (manipulation des médias en direction de la population, des troupe, ou de l'étranger) ;
- contre-terrorisme : emploi confidentiel et discrétionnaire des forces spéciales (création de " faux maquis " et de fausses organisations adverses pour justifier la répression, formation de milices paramilitaires pouvant faire office d' "escadrons de la mort " et suppléer les forces spéciales dans le cadre de "coups tordus") ;
- création de groupes d'autodéfense composés d'éléments " indigènes " : destruction des " hiérarchies parallèles de l'organisation politico-administrative (OPA - désigne l'organisation ennemie) et reconstruction de nouvelles hiérarchies par retournements, pressions et pré-sélection des élites locales amenées à gouverner dans l'avenir.

Cette doctrine est globalement réhabilitée depuis la fin des années 1990. Elle avait été enseignée aux armées alliés (sic) dès les années 1950, l'Otan en a développé une version " globale ", désormais déclinée sur tous les continents, et remaniée par ses utilisateurs selons les contextes.

In Carlos Marighela, Manuel du guérillero Urbain

lundi 20 juillet 2009

mardi 14 juillet 2009

mercredi 8 juillet 2009

Morceau Choisi

" (...) et les plus hardis parmi les penseurs en sont venus à dire que le gouvernement était un fléau sans doute, un châtiment pour l'humanité, mais que c'était un mal nécessaire.
Voilà pourquoi, jusqu'à nos jours, les révolutions les plus émancipatrices, et toutes les effervescences de la liberté, ont abouti constamment à un acte de foi et de soumission au pouvoir ; pourquoi toutes les révolutions n'ont servi qu'à reconstituer la tyrannie (...) .

(...) tandis que le peuple, à chaque Révolution, croyait réformer suivant les inspirations de son cœur, les vices de son gouvernement, il était trahi par ses idées mêmes ; en croyant mettre le pouvoir dans ses intérêts, il l'avait toujours, en réalité, contre soi ; au lieu d'un protecteur, il se donnait un tyran.

L'expérience montre, en effet, que partout et toujours le gouvernement, quelque populaire qu'il ait été à son origine, s'est rangé du côté de la classe la plus éclairée et la plus riche contre la plus pauvre et la plus nombreuse ; qu'après s'être montré quelque temps libéral, il est devenu peu à peu exceptionnel, exclusif ; enfin, qu'au lieu de soutenir la liberté et l'égalité entre tous, il a travaillé obstinément à les détruire, en vertu de son inclination naturelle au privilège. "


Pierre-Joseph Proudhon - Idée générale de la révolution au XIXe siècle (1851)

dimanche 5 juillet 2009

" The Coming Insurrection"


Fox News fait de la pub pour l'Insurrection qui vient!

"Je vous invite à lire ce livre pour vous faire votre propre opinion" et d'ajouter ensuite : "Ces gens sont dangereux, ce sont vos ennemis (...) les ennemis de l'intérieur".

Et sinon, il n'a pas lu le livre ..

J'ai toujours adoré les faiseurs d'opinion en carton (et toujours de droite) qui sévissent à la télé américaine ...